Blog du Parti Socialite :

Zoubida Naili 

La Justice selon Nicolas Sarkozy

Cette réforme a véritablement une orientation univoque c’est-à-dire la prééminence de la seule sanction d’emprisonnement destinée à «rassurer» artificiellement les électeurs de la frange la plus à droite de son électorat. Plutôt que de viser à la production nette et précise d’une photo de la situation de la Justice, la démarche tend à l’élaboration d’une vidéo brève, distrayante et destinée à rassurer momentanément le public.

C’est une réforme en trompe l’oeil pour produire un effet d’annonce sans tomber sous les fourches caudines du Conseil Constitutionnel en comptant certainement sur le sous-équipement judiciaire en personnel et en moyens pour que la peine plancher devienne la règle : par facilité ou par nécessité.

Alors comment assurer l’exécution de peines prononcées par automatisme sans un souci suffisant de personnalisation notamment dans des établissements pour mineurs dont la plupart reste à créer. Option d’autant plus regrettable qu’un éventail de solutions alternatives à la prison existe et dont le développement coûterait infiniment moins cher à la collectivité : en terme d’argent comme en terme de déficit social.

Il est bien connu que quand un Etat n’a pas les moyens de sa politique en matière judiciaire, il légifère. Mais ne pas évaluer les conséquences d’une telle attitude dans le moment même où « l’état de grâce » prête à juste titre à tout nouvel élu à la tête de la Nation, état qui devrait permettre le recours à des « remèdes » plus citoyens, plus réels, d’une efficacité durable car basés sur des valeurs de partage et non sur de sèches conceptions manichéennes est une erreur : il n’y a pas les bons d’un coté et les mauvais de l’autre.

Il y a des aspirations communes qui doivent être satisfaites, il y a des comportements déviants qui doivent être canalisés non dans le but de proclamation d’efficacité à court terme mais dans celui, infiniment plus respectable de conduire la plus grand nombre à un comportement citoyen et exigeant de telle sorte que la prison ne devienne pas la règle mais reste ce qu’elle doit être : l’exception.

Les peines-planchers décrivent la situation médiévale correspondant à une chambre de torture où le seul but est l’écrasement entre une surface mobile et une surface fixe mais non pas l’insertion et la réinsertion dans la société : la compression ne fait pas de citoyen mais la liberté assumée fusse au prix de quelques phases d’échecs dans un long parcours.